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Stephen Pacala and Robert Socolow

vendredi 30 janvier 2015

Les célèbres marques de vêtements tiennent-elles à empoisonner les enfants ?

 El Rastro. Flea market. Oviedo. Asturias. Spain. Children Clothes 
      par Tomas Fano, via Fickr CC

Greenpeace avait publié au cours de l’année 2014 les résultats d’une étude qu’elle a commanditée sur la présence de substances toxiques dans les vêtements d’enfants. L’étude a concerné les habits et les chaussures d’enfants fabriqués sous les grandes marques de l’industrie de la mode, telles que American Apparel, C&A, Disney, GAP, H&M, Primark Uniqlo, Adidas, LiNing, Nike, Puma et Burberry. Les résultats  sont inquiétants
car les substances toxiques recherchées ont été détectées, dans la majorité des produits échantillonnés dans 25 pays à travers le monde, à des teneurs dépassant les valeurs limites acceptables pour les substances pour lesquelles il existe des normes.

Les substances toxiques recherchées sont les nonylphénol éthoxylates (NPEs), les phthalates, les organoétains (dérivés organiques de l’étain), les produits chimiques per/poly-fluorés (PFCs) et l’antimoine. Ces substances sont employées dans l’industrie du textile et du cuir alors qu’elles sont redoutées pour leur toxicité entre autre sur les systèmes endocrinien, nerveux et immunitaire ou même leur cancérogénicité, même à des doses très faibles. Cela donne une idée du risque que les enfants encourent en portant ces vêtements. A voir les perturbations physiologiques et les problèmes de santé observés aujourd’hui dans la population, telles que les dysfonctionnements de la croissance et du développement des caractères sexuels entre autres, on ne peut omettre de penser à un éventuel rôle des substances employées dans les industries du textile et du cuir. Les résultats de cette étude seraient significativement égaux à ceux d’autres études antérieures, à l’issue desquelles Greenpeace avait interpellé les responsables des marques concernées à cesser l’emploi des dites substances. Elle avait ainsi lancé en 2011 une campagne de détoxification à laquelle elle espérait une adhésion totale de toutes les marques, mais ce n’est malheureusement pas encore le cas. Certaines marques telles que Adidas, Nike et LiNing n’ont encore manifesté d’engagement concrètement favorable. Ce comportement est-il loin d’un acte délibéré d’empoisonner des enfants ?

Cette étude s’est intéressée aux substances toxiques uniquement dans les habits d’enfants ; cela ne signifie pas que les enfants sont les seuls pour qui il y aurait un risque. Les habits de personnes de tout âge sont susceptibles d’être contaminés. L’intérêt pour l’habillement infantile ici est que les enfants présentent une vulnérabilité particulière face à aux substances toxiques, compte tenue de certains facteurs physiologiques comme le développement progressif de leurs fonctions encore fragiles et leur comportement naïf.

Le risque causé par l’usage des substances dangereux dans l’industrie du textile n’est pas seulement à travers leur présence dans les vêtements des enfants, mais aussi la présence de résidus dans les rejets industriels déversés dans l’environnement. Ces résidus vont ensuite remonter dans notre assiette via les produits agricoles et de pêche. A cela il faut aussi ajouter le risque pour les ouvriers qui manipulent les dites substances tous les jours dans l’industrie.

Tenant à son slogan « valeur limite acceptable  n’est pas acceptable », Greenpeace prône l’interdiction pure et simple de l’utilisation des produits chimiques dangereux dans la fabrication des vêtements. A cet effet, l’ONG activiste compte sur l’engagement de tous, gouvernement et industriels du textile et de la mode y compris pour la prise de décisions fermes et d’actes concrètes afin de protéger l’environnement et la santé de tous.

Par Julien DEMBELE, M.Sc.