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Stephen Pacala and Robert Socolow

jeudi 26 juin 2014

Ah, la vidange de fosses d’aisance à Ouagadougou !




Faecal sludge from pit emptied into street - 
les boues de vidange d´une fosse déversées dans la rue, 
par SuSanA secretariat Via Flickr CC


Il y a sept ans de cela, j’étais à mes premières années à Ouagadougou dans le cadre des études universitaires. Nous, les étudiants ressortissant de Bobo Dioulasso avions l’habitude de nous retrouver souvent les weekends entre amis, pour échanger autour d’un thé, comme il est de coutume à Bobo. Un samedi soir aux environs de 21heures,
je me suis retrouvé chez deux de mes amis ; nous nous étions installés avec notre matériel de thé, devant la cours de leur « célibatérium » où une ampoule éclairait de la porte jusqu’à la rue en face. Un éclairage existait aussi devant quelques autres portes dans la même rue. La porte devant laquelle sous étions assis était située sur une pente. L’un des amis préparait le thé pendant que nous discutions jusqu’à minuit. Il  y eu subitement  un délestage de courant ; il fut donc noir sur toute la rue et dans toute le quartier. Le délestage durait ; une trentaine de minutes s’était déjà écoulée. Le second ami alla dans la cour et ressortit avec une lampe de poche qu’il remit à celui qui préparait le thé. Il l’utilisait donc de temps en temps l’éclairage de la lampe et nous continuâmes notre discussion et la prise de thé  au clair de lune qui s’installait progressivement, en attendant le retour du courant.

Soudain, nous sentîmes une puanteur qui emplissant peu à peu l’air. Au début, personne ne voulut l’évoquer car nous ignorions d’où elle pouvait provenir. En quelque sorte, nous avions été rendus muets par quelque chose qui nous donnait une sensation désagréable ; ça arrive aussi ! Elle était tellement répugnante que pour briser le silence, je fini par demander à mes amis le genre de parfum qu’ils utilisaient pour embaumer ainsi leur quartier. L’un d’eux répondu en poussant un soupir de libération, c’est vrai hein ! L’autre répliqua, ça vient d’où ça ? Puis ce dernier se leva le premier pour voir l’origine. Nous nous levâmes tous et constatâmes  que l’odeur provenait d’une eau de vidange de fosses d’aisance qui ruisselait serpentement le long de la rue. 

Nous suivîmes le ruissellement jusqu’à la source. C’était une des cours qui se situait un peu plus en hauteur sur la pente par rapport  à la cour de mes amis et à une centaine de mètres de celle-ci. Nous découvrîmes que l’auteur était le propriétaire de la dite cour, qui voulue profiter du moment propice créé par le délestage, pour se débarrasser des excès d’eau de sa fosse qui nuisaient depuis quelques jours aux habitants de sa cour. Nous le trouvâmes même toujours en action ; la fosse était dans sa cours et non loin de la porte ; il puisait, puis sortait verser le contenu dans la rue un peu loin de sa porte. Nous arrivâmes juste au moment où il sortait pour une des opérations. Quand il sentît notre présence, il s’arrêta et fut le premier à proférer un mot de salutation : « bonsoir ». Nous répondîmes « bonsoir ». Il constata que nous n’étions pas des passants, puis d’un ton dominateur il nous demanda s’il y avait un problème. L’un de mes deux amis qui était le plus ancien dans le quartier, répondît du même ton qu’il y a bien évidemment un problème et que nous étions là pour le découvrir. Le monsieur fut pris de rage et  répliqua en vociférant : ah bon ! Il demanda qui nous étions pour venir lui raconter des blablabla ; et de quel droit ? Sans arrêt, il ajouta : êtes-vous des gendarmes ou des policiers ? Il pensait ainsi nous intimider, mais mon ami aussi élevant un peu plus la voix, répliqua : ah non, vous êtes entrain d’indisposer tous les habitants du quartier et vous voulez vous plaindre de leurs blablabla. Mon ami sembla prendre le dessus. Le deuxième ami et moi étions arrêtés et observant la dispute ; nous étions ébahis par l’intensité des répliques et l’allure à laquelle cet incident tournait en une querelle incontrôlée. La montée des voix risquait de réveiller tous les riverains qui avaient déjà eu quelques heures de sommeil.  Pour éviter le pire, le monsieur reconnut son tort. Il finît par dire d’un ton de coupable, qu’il était juste entrain de jeter les eaux sales de sa cour. Sur ce, chacun reprît son calme et la tension baissa des deux côtés. Je me joins à mon ami qui maîtrisait déjà la situation, en disant que ce qu’il faisait n’était pas juste parce que cela indisposait tout le quartier, et que si ce n’était parce que le quartier était pratiquement tout en dormi, sa cour serait actuellement envahi de plaignants. 

Nous lui rappelâmes les moyens modernes employés pour la vidange des fosses d’aisance ; chose qu’il connaissait déjà. Il cessa la vidange à l’air libre et promit de faire recours désormais aux camions vidangeurs modernes. Nous retournâmes devant la cour de mes amis et mîmes du coup fin à notre prise de thé, comme il faisait déjà tard et aussi pour éviter d’être davantage exposé directement aux odeurs. Puis je rentrai chez moi. Le courant revint juste au moment où j’arrivais chez moi à 1 heure et demie du matin.
Par Julien DEMBELE, MSc.