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Stephen Pacala and Robert Socolow

mardi 31 décembre 2013

Les fêtes de fin d’année, l’alcool et le risque d’intoxication mortelle

Si les festivités de fin d’année sont l’un des moments les plus importants et émouvants de l’année, elles peuvent aussi constituées des moments désagréables quant au dénouement, au pire elles peuvent nous confronter à
des risques mortels.
C’est des moments de retrouvailles en famille, entre camarades de la même génération, entre habitant d’une même localité, etc. Mais il ne manque jamais l’élément catalyseur la boisson, et le catalyseur historique le plus connue est l’alcool. Il est le compagnon des fêtes le plus à craindre, dont il faut se méfier. Pendant ces moments joyeux de commémoration d’un évènement unique dans l’année ou de transition entre une année qui s’achève et une nouvelle année, on boit, on saute et on parle beaucoup plus qu’habituellement -pour ne pas parler des modifications que l’alcool provoque dans notre comportement. L’utilisation de l’alcool peut nous causer plusieurs dommages et mettre nos vies en risques à différents niveaux.
Nul besoin d’insister sur le fait que les changements engendrés par l’alcool, dans notre comportement peuvent nous amener à poser des actes très regrettables ; les niveaux de risque dont je voudrais faire cas ici se situent dans le choix du type d’alcool et dans la gestion des effets secondaires. En ce qui concerne le choix du type d’alcool, il faut savoir que deux types d’alcool sont d’usage courant, l’éthanol ou alcool éthylique qui est l’alcool de boisson et le méthanol qui est l’alcool de laboratoire. Ce dernier comme son nom l’indique est destiné aux travaux de laboratoire ou pour la combustion ; il est toxique pour l’organisme.  
L’alcool éthylique est obtenu par fermentation microbienne (levure), en utilisant des souches de levures spécifiques (Saccharomyces). Mais, il se trouve que souvent, lors de certains processus de fermentation non bien contrôlés, les conditions se réunissent  pour permettre la production de méthanol en plus de l’éthanol recherché. C’est notamment si les levures utilisées comme ferment sont contaminées par d’autres souches de microbes qui, au lieu de produire l’éthanol, vont produire le méthanol comme produit final. Le risque ici, c’est le fait que lors des festivités aussi importantes que celles de fin d’années et bien d’autres, certaines personnes s’adonnent à produire leur propre alcool de boisson. Comme résultat, beaucoup obtiennent de l’alcool avec un taux important de méthanol ou carrément du méthanol. La consommation d’un tel alcool aboutit à des cas d’intoxications massives, sans oublier les personnes qui sous l’emprise de l’alcool éthylique, finissent par boire l’alcool de laboratoire mal disposé à la maison. Le méthanol ou alcool de laboratoire est dangereux, car sa métabolisation (transformation) dans l’organisme, aboutit à la formation d’un composé le folate dont le métabolite intermédiaire qui le formaldéhyde est toxique pour les yeux.  
Lorsque nous avons eu la chance de nous ravitailler au bon endroit et de passer les festivités avec le bon alcool (l’alcool éthylique), et bien-sûre agréablement, nous nous retrouverons avec des maux de têtes à la fin ou le lendemain matin. Dans ce cas, généralement le premier reflexe c’est de prendre la Paracétamol pour soulagement le mal ; ceci est l’erreur à ne pas commettre. En effet, l’alcool et la Paracétamol empruntent pratiquement la même voie de métabolisation dans l’organisme. L’une des enzymes qui permett la métabolisation est le cytochrome CYP 450 2PE1 ; l’activité de cette enzyme produit des espèces réactives de l’oxygène (ERO) appelés radicaux libres, qui s’ils ne sont pas éliminer produisent le phénomène dit stress oxydatif. La quantité des ERO formées est fonction de la quantité d’alcool bu. Les ERO se lient à certaines molécules de notre organisme, provoquant beaucoup de maladies dont le cancer du foie. La métabolisation de la Paracétamol par les cytochromes P450 aboutit la formation d’un métabolite intermédiaire le N-acétyl-p-benzo-quinone imine  (NAPQI) qui doit être éliminé, si non il se lie à certaines macromolécules du foie (notamment les protéines, les lipides et l’ADN), ce qui peut produire une défaillance hépatique immédiate mortelle ou à la longue le cancer. Les ERO et le NAPQI formés doivent donc être éliminés de l’organisme ; leurs voies d’élimination respective utilisent la même enzyme appelée le Glutathion (GSH). Cependant, le GSH est en quantité limitée dans l’organisme. Le GSH peut être saturé par les ERO produites lors de la métabolisation de l’alcool éthylique, parce que nous avons bu trop d’alcool et donc produit trop d’ERO dépassant les capacités de votre GSH. Dans ce cas, la prise de Paracétamol à la suite de la prise excessive d’alcool éthylique, entrainera la production de NAPQI qui ne pourront pas être éliminé par le GSH.
En outre, la prise chronique d’alcool éthylique s’accompagne de la carence en antioxydants comme les vitamines C, E et A, le sélénium. Ces antioxydants aident le GSH nous débarrasser des ERO. Il nous sera donc plutôt  utile de ravitailler notre organisme en ces antioxydants, en consommant les aliments qui en sont riches (pas de comprimés de vitamines C, E ou A), cela nous aidera à supporter le mal. Les oranges, le citron, tous les fruits à chair orange et rouge et les huiles essentielles sont quelques aliments riches en ces vitamines.
Pour éviter les effets de l’alcool, certains prennent la résolution de consommer les boissons énergisantes, cas que j’ai déjà eu à aborder dans Affaire "Boissons énergisantes" ou "energy drink"
Buvons avec modération ! Passons d’excellents moments de fêtes ! Mes vœux les meilleurs à tous pour le nouvel an !


Par Julien DEMBELE, MSc. Toxicologie Environnementale, Nutrition et Technologie Alimentaire